Apprendre la Salsa cubaine
c'est avant tout sentir et vivre le rythme, communiquer avec son partenaire
et partager un espace libre et créatif.
C'est ce qui rend primordial le rapport individualisé avec
mes stagiaires que je suis dans leur apprentissage.
Voici les principales idées qui sous-tendent ma méthode d'enseignement :
Les deux danseurs
évoluent dans un espace partagé : l'espace de la danse.
Dans la salsa cubaine, cet espace est une petite scène carrée
renfermant des lignes de danse autour d'une forme ancienne et tribale :
le cercle. Le déplacement en ligne, caractéristique du style
dit protoricain, est donc un cas particulier de cet espace qui permet, par
définition, une infinité de variations.
Il est donc important,
dès le niveau initiation, de comprendre cet espace pour l'assimiler
progressivement. Dès lors que les pas de la salsa sont des pas de
mouvement, il est important de savoir se déplacer et s'orienter
à l'intérieur de cet espace.
On apprend ainsi à mesurer ses pas, et donc à les rendre plus
beaux, sachant qu'il suffit souvent d'un petit pas pour se déplacer,
changer de position ou d'orientation, tout en gardant la proximité
avec son partenaire.
L'apprentissage de nouveaux pas donne lieu à une chorégraphie
permettant aux danseurs de se déplacer et s'exprimer individuellement,
puis à deux, dans l'espace de la danse.
Chaque cours comporte ainsi une ou deux chorégraphies précédant
et préparant l'apprentissage de nouvelles figures.
Rythme et harmonie sont
les ingrédients indispensables pour bien danser. Pour cette raison,
les cours du niveau initiation et débutant sont très centrés
sur l'acquisition du rythme avant le passage au niveau intermédiaire.
Les exercices chorégraphiques et rythmiques, outre le fait qu'ils
constituent une préparation aux figures, sont des excellents
moyens pour l'acquisition du rythme et du style. La réalisation
collective de ces exercices permet à chacun de se corriger. D'une
composition simple et abordable dans les cours d'initiation, les chorégraphies
sont enrichies et stylisées dans les niveaux suivants.
Ces exercices permettent aussi à chacun un travail individuel
entre deux cours. Du fait qu'ils soient liés aux figures, ils
aident à les assimiler tout en mettant l'accent sur le rythme et
la réalisation du mouvement et non la mémorisation d'un ensemble
de noeuds à faire ou à défaire sans égard à
l'esthétique.
De même
qu'un style de pas se retrouve dans plusieurs chorégraphies, une
chorégraphie peut servir à plusieurs figures.
L'apprentissage
des chorégraphies s'avère ainsi un bon investissement. L'accent
est mis sur le déplacement et l'orientation du corps, à la
fois dans l'espace de la danse que par rapport au partenaire.
Cette méthode permet également de réaliser les figures
avec une dimension indissociable : les courbes du corps et les motifs créés
par la danse à deux.
Tout le monde le sait : le principal défaut d'un cours de danse réside
dans le fait que le danseur et la danseuse savent à l'avance ce qu'ils
vont faire. Il est aussi très désagréable de répéter
machinalement des figures sans effet de surprise et sans charme. Ce problème
peut être surmonté de plusieurs façons :
Tout d'abord apprendre,
pour un danseur, à bien guider. Dans certains cas, il est prévu
dans le cours que le danseur réalise d'abord la figure avec le minimum
de déplacement, voir sans les pas. On apprend ainsi, pour chaque
figure, les petits gestes de communication qu'il est nécessaire de
transmettre à sa partenaire.
La danseuse doit, elle, apprendre à écouter et décoder
les petites interactions du guide.
Pour rendre plus efficace cette méthode, les figures sont d'abord
réalisées dans l'ordre de base, puis il est demandé
au danseur de prévoir des variations.
C'est aussi pour cette
raison que les figures classiques sont apprises non pas en tant que finalité
mais comme modèle pouvant subir des variations. Dans la mesure du
possible, la fin du cours est consacrée à des improvisations
sur le thème appris.
Dans mes cours, les danseurs finissent généralement par apprendre
les pas et chorégraphies des danseuses et inversement. Savoir ce
que fait l'autre est important. Pour le danseur, savoir ce que doit réaliser
la fille est indispensable pour bien guider. Dans le sens inverse, la fille
a ainsi une idée plus précise pour se situer par rapport à
son partenaire.
Par ailleurs, certains pas réservés par exemple aux danseuses
peuvent servir aux danseurs dans d'autres situations. Par exemple, le pas
de la fille pour dilequeno réalisé dans l'ordre naturel
(1 2 3) puis (5 6 7) devient, à peu prés, le pas du garçon
pour camina (une figure de déplacement) si on l'observe comme
(5 6 7) suivi de (1 2 3).
La salsa c'est après tout la fête. Il est très decevant aujourd'hui
de voir à quel point beaucoup de danseurs exécutent des figures
sans même se regarder !
Apprendre à communiquer, s'exprimer, dégager ses émotions et
interpréter les sens des figures fait partie des objectifs du cours.
L'exemple de figures de base comme dilequeno (dit lui non) ou dilequesi
(dit lui oui) est une illustration de la richesse initiale de sens qu'on
retrouve dans d'autres figures qu'elles soient issues de la tradition populaire
ou du cabaret cubain.
Les idées exprimées ici reflètent mon expérience
actuelle et sont amenées naturellement à évoluer…
Copyright Maison Orange - Tous droits réservés
Site réalisé par Choup'